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Ils
vivaient entre 1100 et 1300, dans les terres du Sud où l'on disait
OC pour dire “oui” (Oil au Nord..) et nous ont laissé
les mots “chanson” -canço- et “amour” -
amor - ( ce qui en dit long…). Ils voulaient la femme au dessus
de l'homme, en un temps où elle n'avait ni droit, ni statut et
peut-être pas d'âme !
Contemporains de l'Art Roman, ils sont les stars, le divertissement
et parfois la conscience d'une société riche et en avance
(hommes libres, villes auto-gérées, droit d'héritage
des filles). Les manuscrits (luxe inouï pour l'époque) qui
nous ont gardés, quelques trois mille textes et 300 mélodies,
notées à leur manière, sont les premiers documents
profânes de notre Europe. Dans leurs chansons, ils magnifient
le couple amoureux -et bien-sûr, surtout sa rencontre- dégagé
des contraintes familiales, échappant aux lois et au temps...
Mais le Trobar, art de créer (mòt e son-mot et note) et
sans doute art de vivre, aborde tous les sujets et semble avoir été
le fait de toute la société et non pas d'une élite
- noblesse, ou intelligentia -.
L'Amour
Courtois fait vite scandale. Comme les Cathares ils servent de prétexte
à l'invasion par les rois de France et le Vatican (Inquisition,
main mise sur le sud..). Après la croisade "albigeoise",
tout au long du XIIIe siécle, le Trobar décline, récupéré
!
La femme retourne filer la quenouille. Les troubadours s'exilent dans
les contrées voisines- Nord de l'Italie et de l'Espagne, où
l'Oc est langue de culture et où leur art est toujours apprécié..
Ils le transmettent aux Trouvéres et aux Minnesänger.
Mais nous, naifs consomateurs de l'amour libre, qui voulons comme
eux l'amour pour l'amour dans l'égalité des sexes et
le partage du plaisir, serions-nous leurs enfants, revenant à
la nature des sentiments, par delà les siècles de révisionisme
religieux, de puritanisme macho et de morale marchande? Leur recherche
de “fin amor”, leur foi, toute chrétienne, dans
l'amour qui “"melhura" (rend meilleur), leur volonté
d'aimer corps et âme mélés et de maintenir le
désir, au risque de la chasteté, leur grâce poètique
et musicale, leur exemple, leur histoire et leurs mots peuvent féconder
l'amour d'aujourd'hui. Pour
les découvrir : Charles Camproux, Le joy d'amour des
troubadours.
Causse et Castelnau. Montpellier 1965.
Et trois Anthologies parmis d'autres :
Martin de Riquer, Los Trovadores” 3 vol. Ariel.Barcelona 1983
Gérard Gouiran, Lo ferm voler” C.R.D.P. Montpellier 1990.
Robert Lafont, Trobar” 4 Vol. Atlantica. "Paisatges d'Oc".
Biarritz-Paris. 2005
Depuis Dante Alighieri, Pétrarque, Jehan de Nostredame, et
jusqu'à nos
jours ils n'ont cessé de fasciner les poètes. Voir :
Jacques Roubaud,
La fleur inverse” Ramsay. 1986.. |
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