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Premsa |
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Que voilà une réédition bienvenue ! Enregistré en 1984 et publié à l'époque par Chant du Monde, Linhana est un disque-clé dans la riche production de ce qu'on pourrait appeler la "Provencal connection" (Mont-Jòia, Bachàs, et tout ce qui en a découlé : Anita-Anita, Littorales, Tesi-Vaillant, Corou de Berra, et j'en passe et excusez du peu !). Resituons-nous dans le contexte : Linhana est le premier album solo de Carlòtti après la fin de l'aventure Mont-Jòia. Au menu, des chansons écrites par lui au cours des cinq ou six années précédentes, et des mises en musique de poèmes de Jòrgi Reboul et Roland Pecout. Rien de traditionnel, si ce n'est une lecture très libre de Galant de ta mestressa, mais l'idée (ou peut-être plus exactement la fringale) d'explorer tous les chemins qui se présentent, si divers soient-ils (musiques méditerranéennes, jazz modal, rythmes brésiliens notamment) en veillant toutefois à conserver une unité à l'ensemble et un caractère incontestablement provençal. Et Carlòtti s'en donne à cœur joie, superbement secondé par son compère Patrick Vaillant, responsable de la musique et/ou des arrangements d'une bonne demi-douzaine de titres. Cette collaboration ô combien fructueuse préfigure, on le voit, le génial Anita-Anita et Patrick Vaillant ne cache d'ailleurs pas combien elle a été décisive dans le cours de son évolution musicale. Tour à tour exultant ou recueilli, Linhana est un disque inspiré (animé d'un souffle), un disque fort (comme un alcool est fort), dont chaque chanson vous imprègne un peu plus à chaque écoute. Je renonce d'ailleurs à en citer, tant elles me plaisent toutes, y compris celles qui m'avaient le moins marqué de prime abord. Richesse de textes qui, sur des thèmes contemporains, retrouvent souvent la dimension épique des chants de troubadours, musiques surprenantes et inventives, arrangements où la moindre note est une nouvelle touche de couleur… "Y a rien à jeter" comme aurait dit Brassens ! Et je ne parlerai pas de la voix, car quiconque a entendu chanter Carlòtti sait bien qu'à cet égard tout commentaire est superflu. Alors, bien sûr, on aura compris que j'aime ce disque ! On pourra même trouver mes louanges excessives et me soupçonner de manque d'objectivité, mais j'assume : Linhana me paraît un disque absolument exemplaire, tant par ses qualités intrinsèques que par les portes qu'il a ouvertes en proposant, avec une simplicité et un naturel confondants, une nouvelle approche de la chanson occitane. Rappelons-nous qu'à l'époque, on faisait soit du "traditionnel", soit du "militant" ; avec souvent, il faut bien le dire, beaucoup de maladresse, de part et d'autre, et beaucoup d'œillères. Linhana est une œuvre à la fois "enracinée" et ouverte. Ça a l'air tout simple, mais combien ont su trouver un si parfait équilibre ? Pierre-Marie BLAJA. Pastel. Toulouse. 1999 |
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