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1987-1991


"ORALIES de HAUTE-PROVENCE

LO PICHON CARRI

LO DIRE DE JAN DE TROP
Jan de Trop, naît dans une famille si pauvre que personne ne le
veut pour filleul. Son père part à la recherche d´un Ome
juste... «marcha que marcharas» il rencontre la Mort qui accepte
d´être Marraine et donne à son filleul deux siècles de
vie.Grand, il devient Médecin célèbre, grâce à sa Marraine qui
lui dit à l´avance si les malades vont mourir ou non. Il guérit
la fille du Roi, l´épouse, vit heureux mais enferme un jour la
mort dans une gourde pour qu´elle accorde autant de vie à sa
femme qu´à lui. Pendant une semaine plus personne ne meurt et
c´est partout la panique. La Mort cède, mais pour punir Jan elle
le condamne à vivre mille ans, à moins qu´il ne devienne un
«Ome juste»... Jan part comme autrefois son Père sur le petit-
chariot magique...
Lo jorn es dins lo soleu La nuech es dins leis armaris Dieu
mena lo Pichon-Carri Arri Arri Pichon-Carri...
Créé aux Oralies de Haute Provence avec Christian Zagaria et
David Ségrè. Le texte de J.M. Carlotti s´inspire des versions
traditionnelles de l´Ome Juste (noté par Mistral) et de Jan le
médecin (Minervois - Revue des Langues Romanes).
Dans un «cafouchi» bleu agricole, la mort danse la carmagole dans
une fiole de gnole... Le destin et la vie font conversation avec elle.
Sur un mont peuplé d´oliviers, 3 croix avec des hommes peut
être déjà morts...A leurs pieds, des femmes en pleurs. Plainte
sur plainte. Douleur sur douleur. Pourquoi sont-ils là ? ... Dans
cette magie étrange du monde, la voix d´or de Jean Marie Carlotti
a résonné vendredi soir à Valensole, comme les roues d´un petit
chariot sur un chemin cahoteux. Vibrante, tortueuse, fortement
belle et cassée parfois ; comme des vagues venant mourir dans un
dernier souffle sur les rives du Salin de Giraud... Comme un ange
cherchant l´homme juste. Car quand les êtres sont frères devant
la souffrance, les hommes justes ne meurent jamais. Paroles de fou.
Paroles de rien... Carlotti et ses compagnons (David Segré aux
percussions, Christian Zagaria au violon) nous ont gratifié d´une
création superbe, empreinte d beauté et d´émotion, de mystère
et d´humour, de causticité et d´amour. Leurs fourberies de
Satan, sont un beau message d´espoir !
J.P. TISSIER (Le Provençal - 20 octobre 89)

PORTRAIT D´UN TROUBADOUR
De la Catalogne à l´Italie en passant par la Provence, il chante
l´Occitanie, ressuscitant le répertoire des troubadours
et adaptant ses propres textes à une langue disparue qu´il dit
porteuse d´avenir. Il aurait pu se contenter de ses études
d´ethnologie et continuer longtemps à gratter sur sa guitare des refrains rock venus d´Outre Manche. Mais dans les années 70, chercher sa voie c´est tourner le dos à la culture dominante et partir à la redécouverte de ses propres racines. Jean-Marie ferme ses livres et plonge, à coeur perdu, dans la tradition des poètes occitans.
De 1975 à 1981, le groupe qu´il a fondé, « Mont Joia »,
ressuscite l´extraordinaire richesse du répertoire provençal,
et organise les rencontres musicales méditerranéennes A ceux qui
s´approprient jalousement la terre de Frédéric Mistral,
Carlotti a en effet toujours opposé la générosité d´une
Provence ouverte sur l´ailleurs. «La Provence est une terre de
contrastes, un carrefour de peuples, de géographies (mer,
montagne), génératrice de sociabilité. Sa spécificité c´est
le mélange. Il y a trop de lumière ici pour laisser place à
l´ostracisme».
Chantal Seignoret
Vaucluse Matin - Le Dauphiné - 25 mars 89

1991
Trad Magazine 91



Christian Zagaria David Sègrè

 

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