MONT-JOIA
CANT E MUSICA
DE PROVENCA (XIIe-XXe)
Le Chant du Monde - 74590 - Phénomène récent,
l'abondance discographique en matière de chansons traditionnelles
françaises n'est pas toujours bénie des muses et il
arrive parfois qu'on s'ennuie ferme ; mais enfin c'est une profusion
sympathique et enrichissante. Il va désormais falloir compter
avec les occitans qui jusqu'à présent ne s'étaient
guère manifestés dans ce domaine très particulier.
D'emblée, le groupe Mont-Joïa prend place parmi les quatre
ou cinq meilleurs groupes de l'Hexagone.
Excellents spécialistes des instruments folk, ce qui n'est
pas si rare, ils ont aussi, ce qui est beaucoup plus inhabituel, une
cohérence vocable de très grande qualité qui
donne à leur disque un air de sérénité
grave et profonde. Et puis, si dans les chansons savoureuses on retrouve
des versions plus ou moins lointaines des plus connues de la langue
d'oïl, la plupart sont exclusivement provençales, sans
variantes francophones. Quant à la beauté de la langue
elle ajoute encore au talent de Mont-Joïa. (Ce mot désigne
les tas de pierres élevés par les bergers pour marquer
leur passage et honorer la montagne, dit la pochette.)
Jacques Marquis - Télérama 20-9-76.MONT-JÒIA
PIERRES DE PROVENCE
Mont-Jòia : c'est en provençal un tas de pierres élevé
par les bergers pour marquer un passage et honorer la montagne. C'est
aussi le nom d'un groupe provençal dont l'album Cant e musica
de Provenca XII-XXe siècle, vient de sortir au Chant du Monde.
Pour faire revivre cette musique traditionnelle mais qui, ils le disent
clairement, n'appartient pas au passé, les 4 musiciens du groupe
utilisent beaucoup d'instruments qu'on retrouve tout autour du bassin
méditerranéen, tel que le luth, le saz ou le cintour.
Et c'est sans doute ce qui fait l'originalité de cette musique
à l'intérieur de la culture occitane : la Provence est
un fantastique carrefour de civilisations, et quelques-unes des chansons
de cet album font revivre des légendes provençales,
comme la célèbre Tarasque. ..Danses, chants de troubadours
que le groupe a collectés auprès des vieux ou dans des
bouquins, mais surtout 2 chants très émouvants : la
Filha dau ladre, où sur le rythme obsédant du tonton,
tambourin béarnais à 6 cordes, s'égrène
lentement l'histoire d'une fille lépreuse du 13e siècle,
et un magnifique texte de Peiròl, troubadour et chevalier d'Auvergne
: la voix lancinante de Jan Maria Carloti, qui s'accompagne au luth
me pénètre de la lassitude d'un homme qui a plus frôlé
la mort que l'amour. Avec en exergue de cet admirable disque, une
autre citation de Peiròl : bon conselh vos don e gent, amatz
e chantatz sovent. Compris ?
REMY - Libération
Un
disque de "Mont-Joïa"
chants et musiques de Provence
…Je vous dis tout de suite que c'est un régal et que
cet enregistrement devrait figurer en bonne place dans toutes les
discothèques du pays d'Oc. C'est un florilège remarquable
qu'ils restituent dans toute sa tradition et qu'ils recréent
aussi dans toute son actualité, grâce à leurs
guitare, luth, galoubet, tambourin, timbale, flûte, violon,
mandoline, cintour, trompette marine, taraïette-rossignol…
et à leurs voix parfaitement harmonisées. Un disque
de musique d'hier, d'aujourd'hui, de toujours. Un disque de musique
vivante. Superbe !
J. BONNADIER - Le Provençal 22-9-76.
OCCITANIE
Mont-Jòia "Cant e musica de Provença - XIIe-XXe"
Le Chant du Monde LDX 74590
Qu'importe d'avoir attendu si longtemps ce disque puisqu'il durera
bien plus longtemps encore. Je le ressens comme un monument, une pierre
qui marque le chemin de la renaissance de la musique traditionnelle
et populaire, du folk et surtout de la culture occitane, provençale
principalement. Le nom du groupe n'est donc pas un hasard et se trouve
fort bien choisi. Mont-Jòia a fait un gros travail de recherche
qui permet de redonner vie à une musique que les Provençaux
eux-mêmes commençaient à oublier sous l'empire
économique et culturel du français officiel….
Les instruments fabriqués par Patrice Favaro sont par exemple
la trompette marine et le cintour (tympanon) alors qu'ils utilisent
aussi le luth, la guitare, la guitare sarazine, la mandoline, le violon,
le galoubet et la timbale provençale, des flûtes et enfin
le ton-ton… En résumé cela correspond à
un ensemble composé d'instruments mélodiques, rythmiques
avec bourdons et des percussions, tout y est, reste les voix. Elles
aussi sont belles, franches, mordantes et gaies. Ces qualitatifs valent
pour le répertoire choisi pour cet album. Peut-être la
musique prime-t-elle par les arrangements merveilleux et simples,
mais on ne peut se détacher de l'ensemble, et la sous-jacence
de la réalité de la culture, de l'art provençal
et de la volonté de la lutte des occitans pour les défendre.
Le tout est bien présenté, les chansons traduites en
français avec quelques mots d'explication pour chacune qu'entourent
les illustrations d'une pochette à trois volets dont le Chant
du Monde a le secret.
L'Escargot Folk.